Pollution marine accidentelle: un stress test grandeur nature à Lâayoune lors du Simulex 2026

Sécurité Maritime
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La 12e édition de SIMULEX 2026 s’est tenue mercredi au large de Laâyoune, dans le cadre du Plan d’Urgence National dédié à la lutte contre la pollution marine accidentelle.

L’exercice a simulé une collision entre un pétrolier et un cargo, provoquant une fuite fictive d’environ 3.000 tonnes de fuel lourd. Pour préserver l’environnement, le déversement a été représenté par de la tourbe biodégradable, tandis que le dispersant a été remplacé par de l’eau.

Les opérations ont concerné trois zones : la mer, le port de Laâyoune et la plage Tachmatach. La Marine Royale a dirigé les interventions en mer, avec l’appui des Forces Royales Air et de la Gendarmerie Royale, tandis que la Protection Civile a piloté les actions à terre.

L’exercice a aussi intégré des opérations d’assistance à un navire en difficulté, avec sauvetage et évacuation de blessés. La coordination a été assurée depuis un Poste de Commandement National à Rabat et un Poste de Commandement Local à Laâyoune. Des représentants des pays membres de l’initiative 5+5 Défense ont participé comme observateurs. Objectif : tester la réactivité des équipes, la coordination entre institutions et l’efficacité des moyens mobilisés face à une urgence environnementale maritime.

La coordination et la conduite de l’exercice seront assurées par un Poste de Commandement National (PCN), installé au siège du Département du Développement durable à Rabat, en sa qualité de coordonnateur national, ainsi que par un Poste de Commandement Local (PCL), établi au siège de la wilaya de la région Laâyoune-Sakia El Hamra et placé sous l’autorité du wali de la région, en tant que coordonnateur local.

Dans une allocution à cette occasion, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a indiqué que le choix de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra pour accueillir cet exercice n’est nullement fortuit, puisqu’il reflète la place stratégique qu’occupent les provinces du Sud du Royaume dans la Vision Royale visant à développer la façade atlantique et à renforcer son intégration économique et environnementale.

Mme Benali a également noté que les côtes marocaines sont exposées à des risques croissants liés à la pollution marine accidentelle, notamment en raison de l’intensification du trafic maritime international et de l’augmentation du transport de produits pétroliers et de matières dangereuses à travers l’océan Atlantique.

En raison de sa position géostratégique et de son ouverture sur deux façades maritimes s’étendant sur plus de 3.500 kilomètres de côtes, le Maroc demeure exposé à ce type de risques, comme en témoignent certains incidents survenus sur les côtes du Royaume au cours des dernières années, a rappelé Mme Benali.

Conscient de l’importance de la protection du littoral et des milieux marins, le Maroc a mis en place le PUN, un dispositif réglementaire qui prévoit l’organisation, tous les deux ans, d’un exercice national de simulation destiné à évaluer le niveau de préparation des différents intervenants et à tester l’efficacité des mécanismes de coordination, d’intervention et de mobilisation sur le terrain, a-t-elle souligné.

Et d’ajouter que la lutte contre les risques de pollution marine accidentelle constitue désormais un enjeu collectif qui requiert un renforcement de la coopération internationale, régionale et sous-régionale, dans un contexte marqué par l’interdépendance croissante des échanges maritimes et commerciaux entre les États et par l’intensification du trafic maritime international.

Pour sa part, le Capitaine de Vaisseau-Major, Khalid Loudiyi, Adjoint aux Affaires maritimes de l’Inspection de la Marine Royale, a souligné que les exercices de simulation de la lutte contre la pollution marine accidentelle sont désormais une plate-forme essentielle pour la coopération actuelle et future fondée sur la convergence des objectifs des différents acteurs nationaux concernés, civils et militaires, dans un contexte régional et international en constante évolution. Loudiyi a également fait savoir que la Marine Royale a instauré un dispositif de lutte permettant d’intervenir rapidement en cas de pollution marine accidentelle, notant que les Secteurs Maritimes jouent un rôle clé en gérant les crises de pollution par la mobilisation des moyens et la coordination des opérations.

Le Maroc a mis en place des accords de coopération avec des nations partenaires afin de renforcer les capacités d’intervention conjointes et de garantir une réponse coordonnée en cas de crise environnementale, a-t-il dit, faisant observer que la collaboration entre les différents pays permet au Maroc de bénéficier d’une expertise complémentaire et d’une mobilisation accrue des ressources pour faire face efficacement aux déversements d’hydrocarbures.

À cette occasion, deux exposés ont été présentés portant sur le scénario de l’exercice par la Marine Royale et sur les prévisions météorologiques du jour de l’exercice par la Direction Générale de la Météorologie (DGM).

Cet exercice de grande envergure mobilisera d’importants moyens maritimes, terrestres et aériens. La Marine Royale dirigera les opérations de lutte en mer, avec le soutien des Forces Royales Air et de la Gendarmerie Royale.

Les opérations de lutte à terre seront conduites par la Direction générale de la Protection civile avec l’appui des autorités locales, de la Gendarmerie Royale et des différents départements et organismes concernés, tandis que les interventions au niveau du port de Laâyoune seront assurées par l’Agence nationale des ports (ANP).

En outre, cette édition verra la participation, en qualité d’observateurs, de représentants des pays membres de l’Initiative « 5+5 Défense », ainsi que de plusieurs pays africains.