La chose et son contraire

Edito
Typography

Mais que veut donc le ministère de l’équipement, du transport et de la Logistique ? Cette question mérite d’être posée surtout lorsqu’en même temps il annonce une chose et qu’il met en œuvre son contraire.

Ainsi, concernant les politiques maritime et portuaire qui ont été mis en œuvre en 2007 : libéralisation du secteur du transport maritime et reforme portuaire, il a été admis officiellement qu’elles n’ont pas atteint leurs objectifs et qu’au contraire, ils ont provoqué un désastre pour l’économie nationale : une facture de surestaries de 600 Millions de US$ et de fret maritime de 2,5 Milliards de US$ annuellement.  

Un processus d’évaluation de ces réformes a même été lancé par les pouvoirs publics en 2013: ainsi l’ANP a lancé une étude pour évaluer l’impact de la réforme portuaire et la DMM a lancé une étude stratégique sur le secteur du  transport maritime.

Jusque là, la démarche est plutôt cohérente, avant d’entreprendre de nouvelles politiques, le gouvernement tempère, en voulant d’abord faire le bilan des anciennes pour en tirer les conclusions objectives.

Mais là ou on ne comprend plus rien, c’est lorsque sans attendre les résultats des évaluations entreprises par lui-même, le département de Mr RABBAH décide de passer à l’acte. Un AMI est lancé pour l’exploitation des lignes maritimes de transport à passagers et un appel d’offres pour nouvelle concession portuaire est lancé au port d’Agadir.

Au-delà du bien fondé ou pas de telles mesures, aujourd’hui les politiques publiques ne sont plus seulement jugées sur leur bonne foi ou leur finalité, mais également sur la cohérence d’ensemble de leur mise en œuvre.  

Car comme l’ont montré les résultats de l’AMI sur le transport maritime à passagers, les nouveaux entrants qu’on veut encourager, ne mettront jamais les pieds dans des secteurs ou il n’y pas de vision globale.