Convention ISEM-ENSM signée par M.Kayouh : un rapprochement empreint de signaux forts pour l’écosystème de la formation maritime !

Formation et Réglementation
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Deux événements, un seul signal fort pour l’écosystème de la formation maritime et surtout pour celui qui va hériter du poste de Directeur de l’ISEM!

Le premier événement est la visite du Directeur de l'École nationale supérieure maritime (ENSM-France) à  l'Institut supérieur d'études maritimes (ISEM). Ce rapprochement entre l’ISEM et l’ENSM marque une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération académique entre les deux pays dans le domaine maritime. Formalisé le 15 juillet 2026 à Casablanca par la signature, par les directeurs, d'une convention de partenariat entre les deux établissements, cet accord traduit une ambition commune : hisser la formation maritime à un niveau d'excellence en favorisant les échanges de compétences, de savoir-faire et d'innovation.

Deuxième événement : la signature - qui consacre ce même partenariat au niveau gouvernemental - par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, de la Convention avec le Directeur de l’ENSM lors de la Réunion de haut niveau Maroc-France dont les travaux ont été présidés par Aziz Akhannouch et Sébastien Lecornu.

En trame de fond de ces deux signatures, un seul signal : la dimension hautement stratégique accordée par le gouvernement à la formation des ressources humaines du secteur maritime. Au-delà de sa portée symbolique, le partenariat ouvre la voie à une coopération concrète entre les deux écoles. Il prévoit le développement d'échanges scientifiques et pédagogiques, la mobilité des étudiants et des enseignants, la mise en place de programmes de formation conjoints ainsi que le partage d'expériences dans les domaines de la recherche, de la simulation maritime, de la transition énergétique des transports maritimes et de la digitalisation des métiers de la mer. Cette dynamique devrait également favoriser l'émergence de projets communs en lien avec les enjeux de décarbonation du transport maritime, de cybersécurité portuaire et de développement des compétences dans les nouveaux métiers de l'économie bleue.

Cette convention intervient dans un contexte où le Maroc accélère le développement de son économie maritime. L'expansion des infrastructures portuaires, les projets de réparation et de construction navales, l'essor de l'économie bleue ainsi que les ambitions du Royaume en matière de souveraineté logistique créent une demande croissante en ingénieurs, officiers de la marine marchande et spécialistes des métiers portuaires. Face à ces nouveaux défis, l'ISEM poursuit sa transformation afin d'adapter ses cursus aux standards internationaux, tandis que l'ENSM, établissement de référence en France pour la formation des officiers de la marine marchande, apporte une expertise reconnue en matière de formation maritime, de sécurité de la navigation et de recherche appliquée.  

Les professionnels revendiquent depuis belle lurette leur implication dans la gouvernance de la formation 

Prise dans son contexte empreint de changements à la tête de l’ISEM , l’initiative envoie un signal fort à l'ensemble de l'écosystème maritime. Elle illustre, sans équivoque, la volonté de faire de la formation un levier majeur de la stratégie maritime nationale, en la confiant à un nouveau visage qui incarnera la nouvelle orientation défendue bec et ongles par l’Exécutif. Et c’est justement à cet égard que le récent appel à candidature pour le poste de Directeur général prend toute sa portée stratégique comme un message sans ambages pour la préparation d’une nouvelle génération de gens de mer ! Autrement dit, celui qui présidera aux rênes de l’ISEM aura le sacerdoce de contribuer à l'émergence d'une nouvelle génération de cadres et d'officiers maritimes dotés de compétences reconnues à l'international, capables d'accompagner le développement des ports, de la marine marchande, de la logistique et de l'industrie navale, secteurs appelés à jouer un rôle central dans la compétitivité économique du Royaume. Ce n’est pas une mince affaire !

D’ailleurs, les officiels et les professionnels ne ratent aucune occasion pour rappeler la place centrale qu’occupe la formation des ressources humaines dans la feuille de route du secteur telle que déclinée lors des 1ères Assises Maritimes. A leur tête, le ministre du Transport et de la Logistique dont un des leitmotiv est le capital humain !

Plusieurs acteurs et experts de la marine marchande abondent dans le même élan que leur ministre de tutelle : armateurs, consignataires, opérateurs portuaires, capitaines et officiers de la marine marchande sont persuadés que les professionnels doivent être pleinement associés aux grandes orientations de l'établissement de formation. Cette implication devrait, en toute logique, s'étendre au processus de désignation du futur directeur de l'ISEM. Pour une large partie de la profession, la direction de l'institut gagnerait à être confiée à un officier de la marine marchande ayant parcouru toutes les étapes de la carrière embarquée, capable de conjuguer expérience opérationnelle, maîtrise des réalités du terrain et vision stratégique des mutations du secteur.

Au-delà de la question de la gouvernance, l’on défend depuis belle lurette une participation plus active à la définition des cursus et contenus pédagogiques. En effet, l'évolution rapide des métiers maritimes, portée par la digitalisation des navires, les nouvelles réglementations environnementales, la cybersécurité, les carburants alternatifs ou encore l'automatisation des terminaux portuaires, impose une adaptation permanente des cursus. Pour les professionnels, leur présence au sein des instances consultatives de l'ISEM permettrait d'anticiper les besoins du marché de l'emploi, d'orienter les formations vers les compétences réellement recherchées par les entreprises et d'améliorer, in fine, l'employabilité des futurs diplômés.

Cette approche s'inscrit dans une vision plus large visant à rapprocher durablement le monde académique de l'écosystème maritime national. Les représentants de la profession souhaitent voir émerger une gouvernance plus ouverte, fondée sur un dialogue permanent entre l'enseignement supérieur, la recherche et l'industrie. A ce titre, des exemples pionniers de partenariats public-privé ont eu des résultats très probants et gagneraient à être dupliqués dans le secteur.

L'objectif est de faire de l'ISEM un véritable catalyseur d'innovation au service des priorités nationales, en développant des projets de recherche appliquée, des plateformes d'expérimentation et des partenariats avec les entreprises du transport maritime, des ports, de la logistique et de l'industrie navale. Des conventions telles que celle conclue avec l'ENSM constitue une opportunité pour engager cette évolution et challenge le futur directeur de l’Institut appelé, plus que jamais, à niveler par le haut !