Tan-Tan : le groupe OMP repris par la famille Bouayda après des années de turbulences

Pêche
Typography

Après une longue crise marquée par des difficultés financières et des menaces de saisie, le groupe OMP, acteur majeur de la pêche hauturière au Maroc, change de main. Son rachat par la famille Bouayda intervient dans un contexte économique et social particulièrement sensible pour la région de Tan-Tan.

 Fragilisé depuis plusieurs années, le groupe OMP, considéré comme l’un des piliers de la pêche hauturière nationale, a finalement été cédé à la famille Bouayda. Cette opération intervient après une succession de crises qui ont progressivement affaibli l’entreprise, jusqu’à la décision annoncée de cesser ses activités.

La situation du groupe s’est nettement dégradée au fil du temps. Déjà fragilisé depuis 2011, le groupe OMP avait subi de plein fouet un environnement économique de plus en plus contraignant. À cette contrainte s’est ajoutée une pression accrue des créanciers. Une banque, associée à une compagnie d’assurances, a engagé une procédure de saisie visant plusieurs actifs du groupe, précipitant la décision du fondateur, Mohamed Laraki, de se retirer.

Un acteur clé de l’économie régionale
Avant ces difficultés, le groupe OMP occupait une place centrale dans l’écosystème halieutique marocain. Exploitant plus de 50 navires, il s’imposait comme le principal opérateur de la pêche hauturière du Royaume et un acteur stratégique dans la mise en œuvre de la stratégie Halieutis.
Son poids économique dépassait largement le seul secteur de la pêche. Avec un chiffre d’affaires cumulé estimé à 1,5 milliard de dirhams, le groupe contribuait directement à l’activité de nombreuses entreprises maritimes dans la région de Tan-Tan.
L’impact social est tout aussi significatif. Le groupe assurait près de 3.000 emplois directs et contribuait, de manière élargie, à plus de 17.000 emplois directs liés à son activité, faisant de lui un moteur économique majeur pour cette zone du sud du Royaume.
Dans ce contexte, le rachat par la famille Bouayda apparaît comme une opération stratégique, susceptible de préserver un pan important de l’activité économique locale. Si les contours précis de la reprise n’ont pas été détaillés, cette transition pourrait permettre d’éviter une disparition pure et simple du groupe, dont les conséquences auraient été lourdes pour l’ensemble de la région.