Pendant la pandémie, le fret maritime sous pression

Marine Marchande
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Analyse Au cours des derniers mois, les coûts du transport maritime se sont envolés en raison de la réduction du nombre de navires en circulation.

Malgré l'interminable pandémie, certains signes indiquent que le monde est déjà prêt à reprendre ses activités.

C'est le cas du marché du fret maritime, notamment pour le trafic de la Chine vers l'Europe et les États-Unis, généralement considéré comme un bon thermomètre de l'activité économique. Les Chinois produisent, les Occidentaux consomment.

Depuis plusieurs mois, le coût d'un conteneur sur la ligne Shanghai-Europe du Nord est en forte hausse. Pour un conteneur de 40 pieds, l'une des unités de référence du secteur, soit environ 12 m de long, 2,5 m de large et 2,6 m de haut, le prix était en moyenne de 760 dollars (C6201 en 2019.

Il avait doublé en septembre 2020 et quadruplé en décembre. *Les armateurs annoncent maintenant des taux autour de 55 000 pour les prochaines semaines, et pour le mois de juin, les projections sont à 10 000 dollars", explique Philippe-Pierre Dornier, professeur à l'Essec.

Ce sont des records. En 2010-2011, juste après la crise financière, les prix n'avaient fait que doubler.

Moins de bateaux sur les mers

Pour justifier cette situation, les armateurs soulignent la rapidité de la reprise économique en Chine et l'explosion du commerce électronique, ce qui favoriserait la demande de produits asiatiques et donc la croissance du fret maritime.

C'est vrai, mais cela n'explique pas tout. Une autre raison de la flambée des prix est la réduction de l'offre de transport vers l'Europe. Depuis le début de l'année, les compagnies ont désarmé une partie de leur flotte, pour la stationner au large des ports asiatiques, comme Singapour.

L'objectif initial était de répondre à la baisse de près de 20% du trafic observée entre janvier et juin. Depuis septembre, les armateurs promettent de nouvelles capacités, mais celles-ci tardent à arriver.

Les armateurs regonflent leurs marges De là à imaginer que les compagnies vont tenter d'organiser la pénurie pour maintenir des prix élevés, certains distributeurs commencent à en parler, mais sans le dire publiquement.

Les armateurs viennent de passer quelques années difficiles, marquées par une stagnation du trafic et la mise en service de navires géants, augmentant ainsi la surcapacité.

Le secteur s'est d'ailleurs restructuré, par des fusions et des alliances entre entreprises, afin de peser un peu plus sur les prix. Les résultats n'étaient pas très convaincants jusqu'alors. La crise actuelle leur redonne un peu d'élan, avant que le marché ne finisse probablement par se rééquilibrer.

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