Les agents maritimes s’activent sur tous les fronts, depuis plusieurs mois, pour trouver une solution définitive à la situation de congestion que connaît le Port de Casablanca depuis plus d’une année. A travers leur corporation professionnelle, ils ne ratent aucune occasion pour présenter aux décideurs leur analyse de la situation, rapprocher les points de vue de la communauté, et essayer d’ébaucher les pistes vers une sortie de crise rapide et durable.
D’après l’Association Professionnelle des Agents Maritimes, Consignataires de Navires et Courtiers d'Affrètement du Maroc (APRAM), le congestionnement est devenu un véritable problème structurel qui impacte directement la fluidité de la chaîne logistique nationale et risque , par vois de conséquence, d’affecter sérieusement toute l’économie nationale.
«Cette congestion, aujourd’hui devenue exceptionnelle, nécessite par conséquent des mesures elles aussi exceptionnelles, rapides et concertées entre l’ensemble des parties prenantes du secteur portuaire et maritime » martèle Hicham Himri, Président de l’APRAM. Sur ce fond de crise, le ton, faut-il le relever, n’est pas du tout nihiliste. A en croire M.Himri, les diverses réunions tenues ont été très constructives, orientées efficacité, et marquées par la qualité du dialogue ouvert, constructif et sincère instauré entre toutes les parties prenantes. A ce titre, son Association et l’ensemble de ses membres tiennent à saluer les efforts déjà consentis par l’ANP et les différents intervenants du Port de Casablanca, et leur expriment son entière satisfaction.
A travers les échanges avec toutes les parties prenantes, l’analyse des données actuelles et des scénarii futurs, et les recoupements des points de vue ayant eu lieu lors de ces différentes réunions, l’APRAM a formulé dix recommandations fortes pour dépasser la situation de crise actuelle au Port de Casablanca. Cette liste de recommandations concerne tous les opérateurs de la chaîne de valeur portuaire et logistique et vise, in fine, d’instaurer des mesures exceptionnelles pour protéger la compétitivité et l’économie nationales :
- Créer d’urgence une cellule de crise permanente, composée de :
- l’Autorité Portuaire ANP,
- les opérateurs de terminaux,
- les usagers du port. Ceci afin d’assurer un suivi quotidien de la situation et la prise de décisions immédiates et opérationnelles.
- Intégrer les associations professionnelles et les confédérations du secteur privédans les réflexions et prises de décisions relatives à la gestion de la congestion portuaire, afin d’assurer une meilleure coordination avec les réalités du terrain.
- Revoir la tarification de magasinage à la hausse (durant cette phase de crise)pour certaines marchandises déchargées en vrac à quai et occupant les postes pendant de longues périodes, empêchant ainsi d’autres navires d’opérer et aggravant la saturation des infrastructures portuaires, et ce afin de pousser les réceptionnaires à faire sortir leur marchandise le plus vite possible et ne pas utiliser le port comme un lieu de stockage.
- Exiger un tonnage minimal de déchargement journalierpour les navires polyvalents opérant en déchargement direct sur camions (blé, aliments de bétail, argiles, etc.), afin d’améliorer la productivité des postes à quai et réduire les temps d’occupation.
- Mettre en place des mécanismes incitatifs et coercitifsvisant à accélérer l’évacuation des marchandises et la rotation des navires, notamment dans les terminaux les plus congestionnés. Cette recommandation se base sur l'esprit de ne plus considérer le port comme un lieu de stockage, mais plutôt une zone de transit.
- Le travail 24/24 - 7/7: exiger que tous les maillons de la chaine logistiques le travail en 24/24. Les services de douane, les services administratifs des opérateurs du Terminaux (caisses et guichets, ..), les services sanitaires de contrôle, et même les réceptionnaires devraient rester ouverts pour recevoir leur marchandise pour une meilleure évacuation au déchargement direct et par conséquent une meilleure cadence des opération aux navires
- Renforcer les moyens humains et matérielsdédiés aux opérations portuaires, particulièrement lors des périodes de forte activité.
- Accélérer la digitalisation et le partage en temps réel des informations opérationnellesentre les différents intervenants portuaires afin d’améliorer l’anticipation et la planification des opérations.
- Etudier la possibilité de partager équitablement le tonnage avec d'autres port du Royaume non congestionné
- Identifier un quai de servitudes pour les remorqueurs qui occupent au total 300 mètres de quai exploitable pour des opérations commerciales dans la série 40.
« L’APRAM reste convaincue que seule une mobilisation collective, coordonnée et immédiate permettra de rétablir la fluidité des opérations portuaires au Port de Casablanca et de préserver la compétitivité logistique et économique du Maroc » conclut le Président de l’APRAM.
Pour réagir à ce post merci de vous connecter ou s'inscrire si vous n'avez pas encore de compte.