Les impératifs de la décarbonation maritime s'invitent de plus en plus dans les débats sur la compétitivité des ports marocains! Un nouveau rapport de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) souligne la nécessité pour le transport maritime marocain de s'adapter aux nouvelles règles internationales de décarbonation pour maintenir sa compétitivité. Face aux défis juridiques et à l'urgence climatique, les ports nationaux, tels que Tanger Med et Dakhla Atlantique, se positionnent comme des acteurs clés dans la transition vers les carburants verts.
Selon ce même rapport conjoint de Deep Blue et de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), intitulée «Décarbonatio: Les ports marocains à l’épreuve légale du Net-Zero», le projet d’amendements examiné lors de la 83e session du Comité de la protection du milieu marin prévoit trois évolutions majeures: une nouvelle zone de contrôle des émissions dans l’Atlantique Nord-Est, un élargissement de l’accès aux données de consommation des navires et surtout l’introduction d’un Cadre Zéro émission nette (Net-Zero Framework ou NZF).
C'est dire que l’enjeu est de taille pour le Maroc. Le document rappelle que le Maroc est à la fois État du pavillon pour les navires immatriculés sous registre marocain et État portuaire pour les milliers de navires étrangers qui transitent chaque année par ses infrastructures. Cette double position expose le pays à des obligations qui ne sont pas toujours symétriques. Notons que le Royaume a voté contre le projet d’amendements lors du scrutin du 11 avril 2025 à l’OMI, estimant que certains mécanismes de tarification carbone pourraient produire des effets disproportionnés pour les économies en développement. Cette opposition ne garantit cependant pas une exemption future puisque l’adoption du dispositif dépendra du vote des États membres lors d’une prochaine session prévue en octobre 2026.
Cela dit, L’analyse de l’IRESEN met en évidence un paradoxe. Le Maroc est aujourd’hui une grande plateforme logistique maritime mais demeure un acteur relativement limité comme État du pavillon. D’après le rapport, plus de 90% du trafic de marchandises dans les ports marocains est assuré par des compagnies étrangères.
Cette réalité réduit l’exposition directe du Maroc aux obligations imposées aux armateurs nationaux. En revanche, elle renforce son exposition aux conséquences économiques et réglementaires qui pèseront sur les navires fréquentant ses ports. Le document estime ainsi que les futures règles climatiques de l’OMI doivent être analysées avant tout à travers leur impact sur la compétitivité portuaire. Tanger Med apparaît naturellement au centre de cette réflexion. Le hub marocain bénéficie d’une position stratégique sur le détroit de Gibraltar, avec environ 100.000 passages annuels dans cette zone maritime parmi les plus fréquentées du monde.
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