Escalade des tensions au Moyen-Orient : près de 140 porte-conteneurs bloqués dans le Golfe

Transport de Fret
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Le transport maritime conteneurisé traverse une période de forte incertitude au Moyen-Orient à la suite des frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Les actions de représailles attribuées à Téhéran, notamment contre des infrastructures dans plusieurs pays voisins du Golfe, ont fortement dégradé la situation sécuritaire dans la région.

Dans ce contexte, deux passages stratégiques pour le commerce maritime international, le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab-el-Mandeb, sont désormais considérés comme à haut risque pour la navigation. Face à cette escalade, les principaux armateurs mondiaux évitent pour l’instant de faire transiter leurs navires dans ces zones sensibles.

Selon les données publiées par Alphaliner, au 2 mars, 138 porte-conteneurs se trouvaient immobilisés dans le Golfe arabe, représentant une capacité totale d’environ 470 000 EVP (équivalent vingt pieds). Parmi les compagnies les plus exposées figurent MSC Mediterranean Shipping Company et CMA CGM, avec respectivement quinze navires représentant 109 000 EVP et quatorze navires totalisant près de 70 000 EVP cherchant refuge dans la région.

La flotte concernée comprend notamment des navires de très grande capacité. Pour MSC, le MSC CLARA, un porte-conteneurs de type megamax d’une capacité de 19 224 EVP, fait partie des unités immobilisées. De son côté, COSCO Shipping maintient également dans la zone deux grands porte-conteneurs de 18 980 EVP, auxquels s’ajoutent plusieurs navires feeders opérant dans le Golfe.

Parallèlement, 26 porte-conteneurs situés en dehors de la zone de tension continuaient d’afficher des destinations telles qu’Abou Dhabi, Dammam, Jebel Ali ou Umm Said, bien que ces itinéraires devraient être réévalués à la lumière des décisions prises par les compagnies maritimes.

Malgré les frappes aériennes ayant provoqué un incendie dans la zone portuaire, le port de Jebel Ali demeure un point de refuge privilégié pour plusieurs opérateurs, avec une vingtaine de navires à quai. L’opérateur portuaire DP World a d’ailleurs annoncé la reprise des opérations commerciales dans le port.

Dans l’hypothèse où le détroit d’Ormuz resterait dangereux pour la navigation, certains ports situés à l’extérieur de la péninsule Arabique pourraient devenir des alternatives pour le trafic conteneurisé régional. Toutefois, l’attaque d’un drone iranien visant le port de Duqm souligne que les ports d’Oman ne sont pas non plus totalement à l’abri.

Dans ce contexte, le port de Salalah, en Oman, doté d’un terminal conteneurs d’une capacité annuelle d’environ 6 millions d’EVP, pourrait jouer un rôle stratégique. Le port émirati de Khor Fakkan gagne également en importance, avec l’annonce d’escales exceptionnelles de grands porte-conteneurs tels que CSCL STAR (14 074 EVP) et MSC ALEXANDRA (14 036 EVP) dans les prochains jours.

Cette situation met en évidence l’impact direct des tensions géopolitiques sur les routes maritimes internationales et sur les chaînes logistiques mondiales, dans une région qui demeure un carrefour essentiel du commerce maritime.

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