Essaouira : Le secteur halieutique, une composante fondamentale du tissu socioéconomique local

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Essaouira, 08/01/2019 (MAP), Dotée d’un littoral long de 153 km, la ville d’Essaouira dispose d’un secteur halieutique à fort potentiel de développement, comme en témoignent la diversité et la richesse des ressources marines présentes dans cette zone de l’Atlantique, malgré la persistance de certaines contraintes ne permettant pas de tirer le maximum de profits de cette activité.

 

Si le secteur de la pêche occupe une place de choix dans le tissu socio-économique local, ce n’est pas un pur hasard. En effet, la cité des alizés connaît la prédominance des oscillations hydro-climatiques exceptionnelles relatives au phénomène d’Upwelling faisant que cette zone de la façade atlantique soit l’une des plus poissonneuses à l’échelle nationale, voire même mondiale.

La province dispose d’un port principal de pêche, de 03 Points de Débarquement Aménagés (PDA) et de 04 sites de pêche artisanale. Une infrastructure importante qui bénéficie ces dernières années d’un grand intérêt en termes de modernisation et d’extension, afin de permettre à ce secteur de jouer pleinement son rôle.

Dans ce sens, il convient de rappeler que le port de pêche d’Essaouira vit au rythme des coups de pioche dans le cadre d’une grande opération d’extension et d’amélioration de ses infrastructures, pilotée par l’Agence Nationale des Ports (ANP).

Ce chantier devra à terme mettre fin à l’anarchie marquant les différentes activités à l’intérieur du port : pêche artisanale, pêche côtière et construction et réparation navales, et l’existence de la halle aux poissons à l’extérieur du port, ce qui n’est pas sans conséquences directes sur la qualité et le circuit de contrôle des captures.

Ce projet se décline en plusieurs phases dont la première (2015-2017), portant sur l’extension des infrastructures de ce port, à travers l’élargissement des terre-pleins sur une superficie de 2,5 Ha, la réalisation d’une darse, l’aménagement des nouveaux quais, l’aménagement d’une rampe de halage, la mise en place des appontements flottants, la protection de la Sekkala, et le dragage et déroctage du port, pour un montant total d’environ 127 millions de DH.

Quant à la seconde phase en cours de réalisation, elle porte sur les travaux d’extension du bassin sur une surface d’environ 2600 m2 et d’approfondissement des quais dédiés à la pêche côtière, pour un montant global d’environ 38 millions de DH. Elle comprend également les travaux de viabilisation des terre-pleins de la zone du nouveau chantier naval à savoir : le réseau d’assainissement et de revêtement, l’électrification et l’éclairage public, l’adduction en eau potable, la clôture et les locaux administratifs, d’un montant d’environ 13 millions de DH.

En chiffres, le nombre de navires en activité au port d’Essaouira durant les 11 premiers mois de l’année écoulée, a été de l’ordre de 110, dont 52 chalutiers, 56 sardiniers, et 02 palangriers, a confié à la MAP, M. Rachid Agrich, délégué provincial de la pêche maritime, faisant observer que les sardiniers débarquent au port d’Essaouira durant les périodes de pêche de l’anchois, comprise entre août et janvier.

Et de poursuivre que le nombre total des canots de pêche artisanale actifs au titre de la même période a été de 793 barques, relevant que la ville d’Essaouira se taille la part du lion avec 322 barques.

S’agissant de la production halieutique à Essaouira, celle-ci a atteint durant les 11 premiers mois de l’année écoulée 7.714.109,71 Kg pour une valeur de 142.180.595,30 DH, a-t-il précisé, ajoutant que l’évolution du secteur de la pêche est passée de 10.518.834,5 kg (92.116.066,64 DH) en 2010 pour s’établir à 11.258.082,1 kg (161.189.668,8 DH) en 2017.

Concernant les industries de la pêche, il convient de noter que l’industrie de transformation et de valorisation des produits de la pêche est représentée au niveau de la circonscription maritime d’Essaouira par 03 unités industrielles concernant la conserve de poisson, le fumage de poisson et la conserve de sardine et de maquereau, a expliqué M. Agrich.

Pour ce qui est des gens de la mer, M. Agrich a fait savoir qu’on dénombre quelque 5.708 marins, dont 4.983 marins pêcheurs, 300 opérant dans l’industrie de la pêche et ateliers de mareyage, 120 ouvriers dans les centres de pêche, 260 dans l’activité littorale, et 45 dans la charpenterie.

S’agissant de la sécurité de la navigation et de la prévention de la pollution, la délégation de la pêche maritime d’Essaouira dispose d’outils adéquats d’interventions en mer, dont une vedette de sauvetage à Essaouira, a-t-il souligné.

Selon les statistiques fournies par la Délégation de la Pêche Maritime d’Essaouira, le nombre d’événements survenus en mer a été de l’ordre de 20 durant les 11 premiers mois de l’année écoulée, avec un total de 60 marins sauvés, alors qu’aucune perte de vie en mer n’a été à déplorer.

Le nombre d’événements survenus en mer est passé de 10 en 2010 à 17 en 2017, avec un pic de 26 événements en mer enregistrés en 2015 (6 vies perdues), précise-t-on.

En dépit de ces atouts, le secteur connaît certaines contraintes qui entravent son développement, à savoir l’absence de réseaux d’assainissement et d’alimentation en eau et électricité dans les PDA, ce qui impacte la bonne mise en marche de ces installations, le manque d’équipements de mise à l’eau et de mise à sec dans la plupart des sites, l’enclavement de certains sites, et la prolifération de poissonniers à l’étalage et d’ »écailleurs » dans l’enceinte du port, ce qui ne permet pas de mener avec efficacité les actions de lutte contre le circuit de l’informel, ajoute-t-on.

On pointe du doigt également la congestion et l’encombrement du port, la difficulté quant au respect de la procédure relative à la traçabilité et la certification des produits de la pêche dans le volet déclaration, et l’insuffisance des infrastructures dédiées à la filière, notamment la fabrique de glace, les chambres froides, et les grues de débarquement des captures.

L’exploitation efficiente de ces richesses halieutiques, en matière de pêche et de valorisation des captures, reste toujours tributaire de l’amélioration des infrastructures et superstructures portuaires, de l’aménagement d’une zone industrielle appropriée, et de l’intégration de la pêche dans le cadre d’une gestion inclusive des zones côtières aussi bien à l’échelle régionale que nationale.

In fine, au-delà de ces difficultés, le secteur halieutique demeure un pilier indéniable de l’économie locale, et le projet d’extension du port d’Essaouira devra, sans nul doute, contribuer à terme à la réorganisation de la filière à même de lui permettre de générer davantage de valeur ajoutée pour toute la région comme pour l’économie nationale.

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