Edito : le Défaut de Gouvernance, au cœur du Mal du secteur maritime et portuaire

Edito
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Le bilan actuel de la politique du transport maritime est révélateur de la faillite de la Gouvernance du secteur. Les solutions de facilité adoptées par Mr Karim GHELLAB depuis sa nomination à la tête du secteur maritime (privatisation de COMANAV et libéralisation du secteur) dénote d’une absence totale de vision stratégique reposant sur l’intérêt national.

Si feu HASSAN II, avait eu l’ambition durant les années 80 de doter le Royaume d’une vraie flotte marchande dans l’intérêt de l’économie nationale avait réussi son pari (une flotte de 66 navires de 660.000 T de port en lourd), Mr GHELLAB qui avait défini comme objectifs de sa stratégie sectorielle initiée en 2006 d’améliorer la compétitivité du secteur et des opérateurs doit lui se lamenter sur les piètres résultats de sa politique. Ainsi, le coût du fret maritime (20 MMDHS) s’est alourdi et pèse toujours autant sur la facture des échanges extérieurs (4,2%) et par rapport au PIB (2,3%).  Quant à la flotte nationale celle-ci a fondu comme neige au soleil pour ne compter que 28 unités de 120.000 T de port en lourd.

Cet échec, s’est également étendu à l’administration elle-même, puisqu’à côté de la crise qu’a connu l’ISEM dont les élèves officiers se sont révoltés contre l’absence de perspectives d’empois, la Direction de la Marine Marchande demeure elle depuis prés d’un an sans responsable attitré, alors que l’équipe proche du Ministre lui-même ne compte aucun maritimiste.

Dans le Maritime comme dans l’Aérien d’ailleurs (sous tutelle du même Ministre), le Maroc est entrain de perdre son pavillon national et des emplois hautement qualifiés qui ont fait la fierté du Royaume. Ainsi, après plus de 60 ans d’indépendance et des milliards de dirhams d’investissements publics et privés pour se doter de compagnies nationales capables d’assurer une part du trafic maritime et aérien, nous voilà aujourd’hui grâce à la politique de Mr GHELLAB revenus entre les mains des compagnies étrangères.

Aujourd’hui plus que jamais, la problématique de la bonne Gouvernance constitue l’enjeu majeur du développement économique et social de notre pays. La naissance du réseau des associations maritimes et portuaires du Maroc constitue en ce sens un début de prise en compte de cette problématique. Après s’être doté d’une nouvelle constitution cette année, notre pays est appelé à adopter de nouvelles politiques, mais surtout une nouvelle race d’hommes et de femmes.

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