Edito : Le secteur du transport maritime marocain, une auberge espagnole

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altOn y trouve à boire et à manger pour tous, sauf pour les nationaux, tel semble être la dure réalité de notre secteur du transport maritime. Une vraie auberge espagnole, comme dirait l’autre.

Les derniers chiffres de l’office des changes sur la balance des paiements du transport maritime, traduisent s’il fallait encore le prouver, que le mal de notre pavillon national, ne fait pas seulement la misère de nos marins, mais également celle de toute l’économie du Royaume.

Ainsi, on se basant sur les données du premier semestre 2012 et en les extrapolant sur le reste de l’année, il semblerait bien que la facture du fret maritime batte un nouveau record cette année. Si pour 2011, la facture du fret maritime était de 21,591 Milliards de DHS (2,45 Milliards de $) pour le transport de 73 Millions de Tonnes, la facture du fret maritime pour 2012, semble s’acheminer vers un total de 23,867 Milliards de DHS (2,7 Milliards $), pour le même tonnage -35,5 Millions de Tonnes transportés au premier semestre selon les derniers chiffres de l’ANP-.

Le déficit de la balance des paiements du transport maritime, se traduirait cette année par un montant de 15,4 Milliards de DHS (1,75 Milliards de $), en hausse en une année de 3,23 Milliards de DHS (367 Millions de $).

Le Maroc, qui ne dispose plus aujourd’hui des réserves de changes nécessaires pour couvrir ses déficits en devises, doit emprunter sur les marchés internationaux les sommes nécessaires. Ainsi, notre Ministre de l’économie et des finances s’apprête à lever cette semaine, un milliards de $ auprès d’investisseurs étrangers avec un taux d’intérêts d’au moins 4,5% par an, pendant 10 ans.

Ce prêt de 1 Milliard de $, mais dont le cout total s’élèverait à 1,45 Milliards de $ (principal et charges d’intérêts compris), ne pourrait couvrir que 57% du déficit de notre balance des paiements du transport maritime au titre de 2012.

Résultat des courses, notre gouvernement va emprunter de l’argent, non pas pour l’injecter dans le circuit bancaire nationale pour le recycler dans les différents secteurs de l’économie, mais uniquement pour le reverser dans les poches déjà garnies des armateurs étrangers.

La politique de libéralisation du transport maritime, qui était censée faire baisser la facture du fret maritime, n’a eu pour conséquence que son envolée. Nos décideurs, doivent aujourd’hui avoir le courage politique de faire marche arrière, surtout que celle-ci, n’a remplit aucun de ses objectifs, mais a détruit la  valeur ajoutée créée par notre flotte et aggravé les déficits.

En analysant les chiffres précités, qui sont du fait d’institutions publiques (Office des changes et ANP), toute personne censée perdrait non seulement le sommeil, mais également la raison. Continuer, à ignorer ce désastre, ne relève plus de l’incompétence mais, celui du crime d’Etat.

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