Il semblerait que le récent discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu le Glorifie, à l'occasion de la fête du Trône et qui fustigeait l'existence d'un Maroc à deux vitesses au niveau du développement territoriale, soit également transposable au secteur portuaire.
En effet, une récente étude publiée par le cabinet spécialisé dans le transport maritime Drewry, a classé le port de Casablanca comme étant l'un des ports d'Afrique qui connaît le plus long délai d'attente de navires en 2025 avec une moyenne de 61 heures, alors que le port de Tanger Med, lui, a été classé comme étant le port le plus efficace d'Afrique avec un délai d'attente nulle.
Néanmoins pour plusieurs experts, ce classement ne reflète pas forcément la réalité de la situation du port de Casablanca. Ce dernier, vit en effet depuis le début de cette année des circonstances exceptionnelles qui le rendent plutôt victime de son succès plus qu'autres choses.
Ainsi, on note que le port a connu une hausse significative de son volume d'activités de plus de 20% sur le premier semestre de cette année, alors même que sa capacité de traitement des marchandises a elle été diminuée de 30% à cause de travaux d'extension de certains quais. La congestion qu'a connu le port et qui a rallongé le délai d'attente des navires en rade a été également du fait de la succession de périodes de fermeture de celui-ci durant le mois de Mars dernier et cela à cause de mauvaises conditions météorologiques.
Plusieurs opérateurs du secteur maritime que nous avons interrogés sur le sujet, ont ajouté que le port de Casablanca commence également à avoir une vocation de port de transbordement alors que celui-ci n'était pas forcément destiné pour, le port est dédié en premier lieu au traitement des flux import-export domestiques, mais sous l’effet de la saturation de Tanger Med et du redéploiement des routes maritimes mondiales vers les ports atlantiques, certains armateurs ont vu dans le port de Casablanca une nouvelle vocation de port de Transbordement ce qui a eu son effet sur la congestion du port, d'ailleurs malgré le rallongement des delais d'attente des navires, de nombreuses lignes maritimes ont continué d’y faire escale, signe, selon ces opérateurs, de la confiance des armateurs dans les perspectives de développement du port.
Néanmoins, il a été indiqué que pour que le port surmonte ce genre de situation de congestion liée à son développement il est devenu impératif d'adapter son mode d'organisation, ainsi, parmi les recommandations phares des professionnels, il a été signalé la nécessité de l’adoption de la règle de fenêtrage, à l’instar de ce qui se pratique à Tanger Med, afin de planifier et réguler l’accès des navires.
Ils appellent également à réévaluer la pertinence du maintien de certains trafics, tels que les phosphates ou le charbon, au sein du port de Casablanca, en suggérant de réserver ses capacités à des flux plus spécialisés comme le trafic unitarisé.
Les professionnels insistent en outre sur la nécessité de publier mensuellement les statistiques de l’Observatoire de la Compétitivité des Ports, afin de disposer d’outils de suivi et d’alerte en temps réel, plutôt que d’attendre les rapports annuels.
Pour conclure, le rapport de Drewry Maritime Research, indique que la problématique de la congestion des ports devrait être traitée d'une manière diligente car à défaut, il alerte que certains pays d'Afriques risquent de s'exposer à de graves conséquences économiques.
Selon l’étude, la congestion portuaire peut entraîner une hausse des coûts commerciaux, faisant grimper le prix des marchandises de 50% ou plus, un impact jugé « insoutenable » qui freine la compétitivité et le progrès économique. Les experts du cabinet insistent sur l’urgence d’adopter des politiques coordonnées et alignées sur les impératifs du commerce international pour remédier à cette situation.
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