Bilan 2012 : Ces chiffres qui montrent tout, mais cachent l’essentiel

Edito
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Le premier trimestre de chaque année, est caractérisé généralement par la présentation des bilans des différents secteurs économiques. Si les banques affichent comme d’habitude une santé à toute épreuve, on ne peut pas dire autant de notre secteur maritime.

 

L’année 2012, aura été une année cauchemardesque pour le secteur sur tous les plans : économiques, sociales et politiques. Ainsi, à la perte de Grands Groupes comme  COMARIT/COMANAV FERRY dans le transport à passagers, et celle du Group OMP dans la pêche Hauturière, s’est rajoutée les situations de crise qu’a connu d’Eurogate Tangier dans le portuaire ou le Groupe IMTC dans le Transport de Marchandises.

Ces drames, se sont accompagnés de pertes financières importantes pour le Royaume : rien que pour le Groupe COMARIT/COMANAV FERRY, cette faillite laissera une ardoise de 2MMDHS pour les différents créanciers banques et fournisseurs,  le manque à gagner sur le plan économique sera également de 2MMDHS de chiffre d’affaires parti en fumée, pour les caisses de l’état la facture se chiffrera  à quelques 300MDHS au titre de l’IS pour 2012, et sur le plan social c’est la perte de 1800 emplois directs et autant indirects. Le même raisonnement pourra être suivi pour les autres sGroupes en difficulté cités plus haut.

Malheureusement tout cela n’apparait pas dans les chiffres présentés officiellement par les différents organismes chargés du secteur.

Ainsi, pour l’Agence Nationale des Ports (ANP), l’activité maritime pour 2012 s’est soldée par une légère hausse du trafic de marchandises et une légère baisse du trafic à passagers.

Pour l’office Nationale des Pêches (ONP), les statistiques ne couvrent que la pêche côtière et artisanale qui a réalisé des débarquements d’une valeur de 5MMDHS, alors que les chiffres de l’office des changes indiquent des exportations  d’une valeur de 6MMDHS.

Aujourd’hui, la décision politique qui est guidée par les chiffres émanant d’organismes officiels, puisqu’il existe une certaine suspicion vis-à-vis des chiffres avancés par le secteur privé, est largement en déphasage par rapport de la réalité du terrain.

Cela s’explique en premier lieu, par la pauvreté de nos chiffres, ainsi on peut se demander ou est passé le fameux rapport d’activité de la Direction de la Marine Marchande qui comptait une centaine de pages, et qui était édité annuellement. Celui-ci retraçait l’ensemble de l’activité du transport maritime, de celle des gens de mer, à celle du pavillon, des lignes maritimes et des auxiliaires du transport maritime.

Pour le département de la pêche maritime, la situation n’est pas non plus plus envieuse, les chiffres de la stratégie HALIEUTIS ont phagocyté tout débat, puisqu’aucun organisme indépendant ne produit de chiffres sur le secteur. La fédération des chambres des pêches maritimes, qui pouvait jouer ce rôle est aux abonnés absents, alors qu’elle devrait être au moins un contre pouvoir.           

Bien plus que le manque de moyens ou  de volonté politique, le véritable déficit dont souffre le secteur maritime au Maroc est celui des chiffres,  des chiffres qui montrent tout mais cachent l’essentiel.

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