New York, 26 septembre 2025 – Lancé en 2022 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Processus de Rabat des États Africains Atlantiques (PEAA) s’impose aujourd’hui comme une initiative régionale concrète, dynamique et porteuse de résultats tangibles. C’est ce qu’a affirmé M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, lors de la 6ᵉ réunion ministérielle du PEAA, tenue en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York.
Conçu pour fédérer les 23 États africains riverains de l’océan Atlantique, unis par la géographie et un destin commun, le PEAA constitue désormais un cadre structurant de coopération et d’intégration régionale. Selon M. Bourita, cette initiative Royale commence déjà à produire ses premiers fruits, tant sur le plan institutionnel qu’économique.
L’espace africain atlantique représente un potentiel stratégique considérable. Il compte 46 grands ports connectés aux routes commerciales mondiales, plus de 350 millions d’habitants, ainsi qu’une zone économique exclusive cumulée dépassant 13 millions de km². À cela s’ajoutent plus de 30 % des réserves africaines connues de gaz offshore et plus de 40 % des ressources halieutiques du continent, faisant de cette façade atlantique une véritable colonne vertébrale géostratégique et économique de l’Afrique.
Le ministre s’est félicité des progrès concrets réalisés depuis la réunion de Praia en mai 2025, notamment l’avancement des discussions relatives à la mise en place de mécanismes de coordination, indispensables à la cohérence de l’action collective. Il a également souligné l’enrichissement du Plan d’action sur l’économie bleue, désormais renforcé par un axe dédié à l’aquaculture, ainsi que le développement du volet connectivité, avec l’organisation par le Maroc, en 2026, du Salon international des Ports.
Dans un contexte où plus de 90 % du commerce africain transite par voie maritime, l’Atlantique africain constitue, selon M. Bourita, un levier stratégique majeur, situé au cœur des échanges entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Il a, à cet égard, insisté sur la nécessité d’une ouverture sur les autres acteurs du bassin atlantique, afin de promouvoir une vision africaine d’un Atlantique stable, sûr et prospère.
La dimension sécuritaire demeure également centrale. Le ministre a rappelé que près de 60 % des incidents de piraterie enregistrés en Afrique en 2024 ont eu lieu dans le golfe de Guinée, tandis que plus de 50 % du trafic de drogue à destination de l’Europe transite par l’Atlantique africain, soulignant ainsi l’importance d’une coopération renforcée en matière de sécurité maritime.
Les ministres des États membres du PEAA ont unanimement salué la portée de cette initiative Royale, la considérant comme un vecteur de développement, d’opportunités et de prospérité pour les populations des pays membres et au-delà.
Cette 6ᵉ réunion ministérielle s’inscrit dans le prolongement du Sommet “L’Afrique pour l’Océan”, tenu en juin dernier à Nice, à l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à l’occasion de la 3ᵉ Conférence des Nations Unies sur l’Océan (ONUC-3). Elle marque une étape déterminante dans la consolidation du PEAA et dans le renforcement des liens de coopération et d’intégration entre les États africains atlantiques.