Pêche illicite, une réelle menace pour la biodiversité marine

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Le Maroc célèbre, samedi, la journée internationale de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR), qui offre chaque année l'occasion de sensibiliser la population à l'importance d'une exploitation durable de la faune aquatique et de la biodiversité marine et de mettre en relief les efforts entrepris par le Royaume pour lutter contre tout acte illégal portant atteinte à ses ressources halieutiques.

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la pêche illégale, non déclarée et non réglementée serait responsable de la prise annuelle de 11 à 26 millions de tonnes de poissons, privant ainsi l'économie mondiale de 10 à 23 milliards de dollars. Pour pallier ce problème et rétablir les stocks de poissons disponibles, l'objectif 14 du Programme de développement durable, adopté en 2015 par l'Assemblée générale de l'ONU, encourage la communauté internationale à conserver et à exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable.


Pour la FAO, cet objectif ambitieux ne pourra être atteint qu'avec des efforts accrus pour communiquer clairement au grand public les effets négatifs de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

Conscient des conséquences néfastes de la pêche illégale sur la pérennité des stocks halieutiques, sur l’écosystème marin et sur la situation socio-économique des opérateurs de la pêche, le Maroc considère que la lutte contre ce phénomène constitue une priorité primordiale et une responsabilité nationale.

A cet égard, le Plan "Halieutis" érige la durabilité de la ressource comme un axe majeur et trace parmi ses objectifs une ressource exploitée durablement pour les générations futures, le but étant de mieux gérer le patrimoine halieutique.

Pour réaliser les objectifs du plan, le Royaume a renforcé son arsenal juridique, en adoptant la loi 15-12 relative à la prévention et à la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui a notamment pour objectifs le contrôle de l’entrée aux ports nationaux des navires étrangers et le suivi de leurs activités au port et le traitement des modalités de transbordement en mer de produits halieutiques entre navires de pêche. Elle vise à fixer les mesures destinées à garantir que les produits halieutiques commercialisés au Maroc ne sont pas issus d’une pêche INDNR.

Pour accompagner la mise en œuvre de cette loi, le Département de la pêche maritime a mis en place le système contrôle et surveillance "SCS" des activités de la pêche et un système de traçabilité des captures, permettant l’identification des produits de la pêche au cours de toutes les étapes par lesquelles ils transitent.

Le Royaume s’est également doté d’une Unité d’Appui à la Coordination du Contrôle "UACC" relevant de la Direction des Pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA) et ayant pour mission d’améliorer, de gérer et de coordonner le suivi et le contrôle du respect des lois, des réglementations et des mesures de conservation et de gestion des ressources halieutiques, notamment par la supervision du Centre national de surveillance des navires de pêche.

Le Département de la pêche maritime dispose aussi de 18 délégations des pêches maritimes à travers le littoral national, en tant que représentations régionales qui assurent le contrôle au niveau des ports du Royaume.

Les bonnes pratiques du Maroc en matière de lutte contre la pêche illicite ont été récompensées en marge de la conférence de haut niveau de la Commission Générale des Pêches pour la Méditerranée (CGPM) sur les initiatives MedFish4Ever, tenue en 2019 à Marrakech.

Le Royaume a été ainsi récompensé pour l’installation d'un système d'identification des barques nationales de la pêche artisanale par radiofréquence (RFID).

L’intérêt accordé par le Maroc à ce secteur s’est, une nouvelle fois, concrétisé dans le rapport général de la Commission spéciale sur le modèle de développement qui souligne que la mobilisation pleine et entière du potentiel de l’économie bleue requiert l’accélération de la mise en œuvre des schémas de développement des neuf régions littorales du Maroc. Ces derniers serviront de leviers au développement de "clusters côtiers" pour attirer des investissements orientés vers des activités créatrices de richesses et soucieuses de la préservation des littoraux.

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