Le Maroc demande aux compagnies maritimes leur plan de flotte en vue d'une éventuelle OPE

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Le gouvernement marocain a commencé à préparer l'opération de franchissement du détroit (OPE), appelée au Maroc "opération Marhaba", après son interruption historique l'année dernière pour prévenir la propagation du coronavirus.

La semaine dernière, la direction de la marine marchande marocaine a demandé aux compagnies maritimes exploitant des lignes entre les deux côtés du détroit de Gibraltar de présenter leur "plan de flotte en prévision de la prochaine opération Marhaba", selon un document émis par cet organisme auquel EFE a eu accès.

Officiellement, aucune décision sur l'OPE n'a encore été communiquée, ni de la part de l'Espagne ni de la part du Maroc, puisque ces premières coordinations ont lieu au niveau technique et logistique, comme l'ont confirmé à EFE deux sources différentes du secteur des transports.

Au niveau politique, il n'y a pas encore eu de réunions des organes gouvernementaux des deux pays, selon ce que des sources gouvernementales espagnoles ont déclaré à EFE, même s'il est vrai que les autres années, elles ont généralement lieu à une date ultérieure.

L'opération Traversée du détroit représente le plus grand mouvement de personnes et de véhicules au monde entre deux continents : lors de sa dernière édition, en 2019, 3 340 045 passagers et 760 215 véhicules ont traversé le détroit dans ses phases de départ et de retour.

Ce mouvement de personnes n'entraîne pas seulement des retrouvailles familiales, mais constitue également un grand dynamiseur économique au Maroc, car ses émigrants résidant en Europe, qui constituent le gros de l'opération, laissent une énorme quantité de devises étrangères pendant les trois mois (15 juin-15 septembre) au cours desquels il a lieu.

LES PROBLÈMES POSÉS PAR LE COVID-19.  Lorsque, l'été dernier, le gouvernement marocain a annoncé, après plusieurs mois d'incertitude, qu'il annulait l'OPE, il a néanmoins maintenu ouvertes certaines lignes maritimes de passagers avec l'Europe, notamment au départ de Sète (France) et de Gênes (Italie), toutes deux à destination de Tanger.

Les navires empruntant ces itinéraires ont dû être équipés de laboratoires à bord pour effectuer des tests PCR afin d'isoler les passagers qui se sont révélés positifs à leur arrivée au Maroc, un pays qui a réussi à contrôler la propagation du virus grâce à des restrictions de mouvement.

Mais pour les trajets courts comme ceux entre Algésiras et Tanger, il n'est pas envisageable d'équiper les navires de laboratoires qui n'auraient pas le temps d'examiner tous les passagers. D'autres mesures sanitaires sont donc envisagées, comme la présentation de cartes de vaccination par les passagers.

Actuellement, il est obligatoire pour entrer au Maroc la présentation d'un test PCR d'une validité de 72 heures, en plus d'une réservation d'hôtel ; mais en plus, le pays du Maghreb a fermé ses frontières terrestres et son ciel avec plus de quarante pays "jusqu'à nouvel ordre".

LA CAPACITÉ OPÉRATIONNELLE DES COMPAGNIES MARITIMES. Les compagnies maritimes qui transitent par le détroit n'ont à aucun moment cessé de le faire malgré la fermeture de la frontière : tout d'abord, elles ont continué à transporter des marchandises et des véhicules dans les deux sens, ce qui a permis de ne pas rompre la chaîne de distribution entre le Maroc et l'Europe.

Mais en outre, des entreprises comme Balearia et Transmediterránea ont affrété de nombreux "navires de rapatriement" (Balearia a déjà effectué 58 de ces voyages) depuis mai dernier, lorsque le gouvernement marocain les a autorisés dans des conditions strictes et dans un seul sens : du Maroc vers l'Europe, car ils doivent arriver à vide à Tanger.

Pour monter sur ces bateaux de rapatriement (il y en a eu à Algésiras, principalement, mais aussi dans des ports français), il faut avoir la nationalité européenne ou résider dans l'UE et présenter un test PCR, tandis que les véhicules ne sont admis que s'ils ont des plaques européennes ou diplomatiques, à l'exclusion des plaques marocaines et donc des voyages à des fins touristiques.

Si l'OPE est finalement annoncé officiellement, les navires devront assouplir les conditions d'accès ; par exemple, en admettant les passagers dans les deux sens, ainsi que les véhicules avec n'importe quelle plaque d'immatriculation, en permettant également qu'un visa Schengen (qui n'est pas délivré actuellement) serve de document de voyage.

En tout cas, les sources des compagnies maritimes sont claires : "Nous avons la capacité logistique et les routes "graissées", nous avons juste besoin d'un signal politique pour commencer à embarquer des passagers", déclare l'un de ses dirigeants qui demande à ne pas être nommé.

Il suffirait -conclut un de ses collègues- de doubler la fréquence des navires entre Algésiras et Tanger, ce qui est parfaitement réalisable, pour atteindre les chiffres nécessaires à une OPE optimale.

Il reste encore deux mois, au cours desquels les performances du Covid-19 et des campagnes de vaccination seront essentielles. La volonté politique de reprendre l'OPE semble claire. (EFE).

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