Le leadership ne se décrète pas

Edito
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On ne cesse de nous le répéter à longueur d’études et d’analyses ; le Maroc, de part sa position géographique, son Histoire et la richesse de ses ressources humaines, a de bonnes prédispositions pour exercer un leadership naturel sur son environnement régional et continental.
Dans le secteur du transport maritime et portuaire cela est encore plus vrai, car tous les atouts sont là pour réussir ce pari. Mais malheureusement, nous sommes aujourd’hui encore loin de nos ambitions.
 
Plusieurs de nos expériences dans la conquête de l’Afrique ont été complètement ratées, cela doit aujourd’hui nous interpeller pour faire un diagnostic réel de cette situation afin de ne pas hypothéquer notre avenir.
 
Ainsi, l’expérience débutée en 2005 par la COMANAV au Sénégal dans l’exploitation de la ligne Dakar-Ziguinchor a tourné court pour finir en 2008 par un mini scandale judiciaire.
Quant à l’aventure de TMSA en Guinée Equatoriale, celle-ci s’est terminée avant même de commencer en 2009. Après avoir obtenu un contrat de gestion exclusive des ports de cet Etat, l’agence n’a plus rien signé de concret outre le mémorandum d’entente.
 
Le secteur privé marocain, lui non plus, n’a pas connu plus de fortune, l’armateur IMTC qui voulait opérer une ligne transmaghrebine en 2008 reliant le Maroc et la Tunisie a fini par plier bagages après seulement quatre mois d’exploitation de cette ligne maritime.
La fameuse ligne maritime reliant le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal n’a elle aussi jamais pu voir le jour.
 
Dernièrement le retour en force du Maroc au sein de l’OMI avait laissé préfigurer un semblant de leadership sur le secteur, mais force est de constater qu’après deux ans depuis son élection au conseil de cette instance onusienne, le Royaume n’a rien apporté de concret pour l’Afrique au sein de cette organisation alors même que la piraterie et la sécurité maritime sont devenues des enjeux majeurs pour le continent et menacent de plus en plus son développement.
 
L’ISEM, qui sauvait l’honneur du Royaume avec son rôle central dans la formation des officiers de la marine marchande africaine et qui avait été choisie un moment comme hub régional de formation dans le cadre de la coopération tripartite Maroc-Japon-Afrique se trouve aujourd’hui distancée par d’autres instituts de formation moins pourvus en ressources et sans aucune visibilité sur son propre avenir.
 
De nos précédents échecs, nos décideurs doivent aujourd’hui comprendre et une fois pour toutes, que dans le Maritime comme dans les autres secteurs, le succès ne se décrète pas, mais se construit, dans la transparence mais surtout dans le respect du rôle naturel de chacun.
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