Détroit d'Ormuz: "appui politique" de huit pays européens à une surveillance maritime

Sécurité Maritime
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Huit pays européens ont apporté lundi leur "appui politique" à la création d'une mission européenne de surveillance maritime dans le détroit d'Ormuz (EMASOH), en proie à des tensions chroniques, a annoncé lundi le ministère français des Affaires étrangères.

L'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas et le Portugal ont tenu à marquer leur soutien à l'opération pour répondre à "l'instabilité" actuelle "dans une région essentielle" à la paix mondiale.

Ils "saluent toutes les contributions opérationnelles déjà annoncées par le Danemark, la France, la Grèce et les Pays-Bas en soutien à cet effort et se réjouissent de nouveaux engagements dans les prochains jours", ajoute le communiqué diffusé par le ministère.

Concrètement, l'état-major de la mission sera mis sur pied fin janvier à Abou Dhabi (Émirats arabes unis). L'EMASOH deviendra pleinement opérationnelle fin février, avec le déploiement dans la zone d'une frégate néérlandaise qui ouvrira un système de rotations des pays participants, a précisé l'état-major français à l'AFP.

Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman, est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur, 50 kilomètres environ, et de sa profondeur, qui n'excède pas 60 mètres.

"Les récents événements au Moyen-Orient sont très préoccupants car ils attisent les tensions et accroissent le risque d'un éventuel conflit de grande ampleur, qui aurait des conséquences sur toute la région. Le contexte exige des initiatives de désescalade", rappellent les pays signataires.

Une allusion directe notamment à l'embrasement de la région à la suite de l'élimination en Irak le 3 janvier, ordonnée par le président américain Donald Trump, du puissant général iranien Qassem Soleimani.

"En 2019, une insécurité et une instabilité croissantes, qui se sont traduites par de nombreux incidents maritimes et non maritimes, ont été observées dans le Golfe et dans le détroit d'Ormuz, conséquences d'une intensification des tensions régionales", relève encore le texte.

"Cette situation porte atteinte à la liberté de la navigation et à la sécurité des navires et des équipages européens et étrangers depuis des mois. Elle compromet également les échanges commerciaux et l'approvisionnement énergétique, ce qui est susceptible d'avoir des conséquences économiques dans le monde entier".

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