Peut-on segmenter la mer, dans un pays centenaire (s) ? (Partie1)

Edito
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altLe Maroc a douze siècles, son maritime plus de six siècles d’histoires, le port de Casablanca va fêter cette année son premier centenaire, alors que notre législation maritime -Dahir formant code du commerce maritime (DCCM de 1919)- va l’être bientôt également.

 

Aujourd’hui, un pays qui a accumulé autant d’expériences et d’expertise maritime et portuaire, peut-il encore se permettre une gestion éclatée et une gouvernance approximative de son domaine maritime et portuaire ?

Le récent communiqué de presse du conseil de surveillance de TMSA, vient de faire un constat que nous n’avions cessé de rappeler depuis longtemps sur nos colonnes.  Ainsi, parmi ses orientations le conseil « a Invité le Directoire, à poursuivre la rationalisation des structures et la mise en place des organes de bonnes gouvernances », tout est dit.

Rationalisation des structures et organes de bonnes gouvernances, des mots clés qui devraient être traduits avec plus de vigueur dans la pratique de nos politiques maritime et portuaire.

La séparation des fonctions régaliennes et commerciales  de TMSA est un processus qui a été entamé depuis avril 2011, avec la création de TMPA, l’autorité portuaire en charge du complexe portuaire Tanger Med et la délégation à TFZ des autres activités commerciales d’aménagement du site. Ce nouveau schéma d’organisation de TMSA n’a été mis en œuvre malheureusement, que quatre ans après le démarrage effectif du port en 2007.

Alors, que dans le même moment (en 2007), la réforme portuaire qui était opéré dans les autres ports du Royaume avait retenu pour l’éclatement de l’EX-ODEP, le même schéma d’organisation : la séparation des fonctions d’autorité portuaire avec la création de l’ANP de celles commerciales déléguées à Marsa Maroc.

La question qui se pose aujourd’hui, au vue des moyens limités dont nous disposons et de la concurrence acharnée au niveau international, le Maroc peut il se permettre le luxe de l’expérimentation ? Peut-on encore compter deux schémas de gouvernance de notre portuaire, alors que tout semble plaider pour la rationalisation des structures et la mise en place des organes de bonne gouvernance ?

Un début  de réponse semble avoir été apporté par le nouveau schéma de réalisation du port de Nador West Med dans lequel TMSA et ANP sont fortement associés et travaillent ensemble. Capitaliser, sur les expériences de siècles d’histoire maritime et portuaire marocaine, est un exercice de modestie que nos responsables doivent apprendre de toute urgence.

Un exemple de la dualité des structures et projets sans aucune valeur ajoutée :

Aujourd’hui, le Maroc dispose de trois centres de formation maritime et portuaire doté chacun d’eux de leur propre simulateur de navigation :

Celui de l’ISEM, celui de Tanger Med, et celui de l’IFP. Le simulateur de Tanger Med a couté 20MDH, celui de l’ISEM au moins 10 MDH, et l’ANP prévoit dans son budget de 2013, un budget de 10 MDH pour l’acquisition d’un deuxième simulateur pour l’IFP.

La question qu’on devrait se poser aujourd’hui, quel est le taux d’utilisation de chacun de ces équipements ? Est –il nécessaire de disposer de trois centres de formation à moins de trois heures de route entre eux? En parlant de rationalisation des structures, est ce bien nécessaire de doter TMSA, de son propre centre de formation ? Ne devrait-on pas enfin créer des synergies entre l’ISEM et l’IFP, pour avoir une offre de formation complète maritime et portuaire?

Ceci, n’est qu’un exemple parmi des milliers d’autres qu’on pourrait citer pour justifier s’il est encore nécessaire de le faire de la nécessité de rationnaliser nos structures et leur bonne gouvernance.

El Mostafa FAKHIR

Directeur de Publication de GNews

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