Edito : A qui de droit, de la nécessité stratégique de la réparation navale pour le Maroc

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altPeut-on imaginer une autoroute sans station service, un immeuble sans escaliers de secours, une Nation Maritime, qui l’ambitionne pour le moins, sans une activité de réparation navale ? Si la réponse est intuitivement par la négative, l’incident de la cale sèche du port de Casablanca, est venue pour nous rappeler à cette dure réalité.

Après la mise à mort du pavillon national et ses premières conséquences déjà, sur l’opération de Transit de nos RME, puisque les tarifs ont augmenté aux dernières nouvelles de 20%, le tour serait-il venu à l’activité de la réparation navale ?

Les chantiers de réparations navales espagnoles doivent déjà commencer à se frotter les mains en pensant aux perspectives d’un tel scénario. Ainsi, après leur avoir livré nos emplois maritimes avec la probable  faillite de COMARIT et COMANAV FERRY, nos emplois portuaires avec les conflits sociaux du port de Tanger Med, s’apprête-t-on, solidarité entre voisins oblige en temps de crise, à les gaver encore plus avec nos emplois industriels dans la réparation navale ?

Le dénominateur commun entre les crises des différentes composantes de l’industrie maritime et portuaire national, réside essentiellement dans l’absence d’une vision stratégique au niveau de la gouvernance publique.

Ainsi, même si la flotte marchande nationale a connu un déclin certain ces dernières années et ne représente plus un potentiel aussi important pour la réparation navale, la flotte de servitude et militaire s’est elle accrue considérablement durant la même période.  Comment penser un seul instant que le Royaume aurait besoin de faire remorquer ses unités navigantes aux ports espagnoles les plus proches pour de simples avaries qui nécessiteraient un passage en cale sèche.

La nécessité pour le Royaume de continuer à disposer d’une telle activité stratégique, est dictée également par le besoin de ne pas handicaper le développement de ses ports.  Un navire en avarie immobilisant un terminal commercial, représenterait un manque à gagner certain pour le port et ses concessionnaires. La sécurité des installations portuaires, dépend largement de la capacité à répondre à tous les risques inhérents au trafic maritime au sein de ces mêmes ports.

Au-delà, du détail technique de l’incident malheureux du navire Oued Eddahab dans la cale sèche du port de Casablanca, c’est l’image même que nous renvoyons, aujourd’hui de notre capacité à entretenir, gérer et exploiter nos installations portuaires qui est en cause. Car construire c’est bien, pérenniser est encore mieux.

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